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De Mandalay à Bagan en Bateau

De Mandalay à Bagan en Bateau

Bagan est la destination architecturale la plus fascinante de Birmanie, au même titre que Angkor au Cambodge.
Pour s’y rendre depuis Mandalay, il existe plusieurs solutions: 6h de bus, 7h de bateau rapide ou 13h de slow boat (ou very very slow) sur la rivière Irrawaddy, ce dernier est mon choix , et ça prendra finalement 27h.

4h30  du mat, Fatty m’attend au pied de mon hôtel (le A.D.1.) à Mandalay, le temps de charger mes deux sac sur sa mobylette, il fonce vers l’embarcadère du slow boat, impossible d’arrêter Fatty qui tiens à poser lui-même mon grand sac dans le bateau, et me souhaite un bon voyage. A cette heure-là, pas la peine de faire du zèle, je m’assois sur une des chaises en plastique et note que les passagers Birmans sont à même le sol, sur des couvertures.
Le bateau ne tarde pas à démarrer, il est plus de 6h, ça caille sérieux, mais depuis le nord du Vietnam et la randonnée Bouddhiste, je suis habitué à imiter parfaitement le bloc de glace. Le soleil caresse timidement la surface de la rivière Irrawaddy un peu avant 7h.

Quelques minutes plus tard le bateau atteint les collines de Sagaing, présentées dans l’article précédent, la luminosité reste faible, le soleil propage sa lumière sur les innombrables pagodes .

La face chauffée du bateau prend vie, pendant que l’autre (la mienne), toujours plongée dans l’ombre et le vent glacial est désertée, les passagers émergent doucement de leurs couvertures, un bar restaurant propose des thés bien chauds et des plats de riz. On croise un bateau d’un autre standing mais sans les couleurs et la diversité de la vie locale qui égaye notre bord.

Passé les collines de Sagaing, le paysage fait place à des zones rurales, des huttes, des petits villages de pêcheurs, des arbres remarquables.

A 10h30, le bateau effectue un premier accostage ; sur la rive, des dizaines de femmes attendent impatiemment l’immobilité de la machine. Les yeux rivés en hauteur sur les passagers,  les mets cuisinés avec beaucoup d’application en parfait équilibre sur leur tête, de la perfection il en faut afin d’espérer vendre le plus possible, c’est peut être la seule aubaine de la journée et l’heure idéale où les passagers tout juste réchauffés se sentent des velléités pour un premier casse-dalle.  Samoussas, beignets, œufs de caille bouillis, maïs vapeur, cuisses de poulet, bananes…empruntent l’étroite planche en bois et l’escalier du bateau pour finalement virevolter autour de nos têtes, délivrant leurs fragrances qui accompagnent les frimousses des vendeuses, fendues par les larges sourires, interrompus par des petites voix douces qui poussent à la consommation. Je peux lire sur quelques visages l’inquiétude de ne pas vendre, ou de ne pas assez vendre, le service est tellement élégant, ces bousculades tellement inoffensives, que l’envie de tout acheter m’effleure l’esprit.  Cette scène est un magnifique exemple de concurrence commerciale dans le plus grand respect entre les protagonistes, des gens qui s’aiment.

A 13h, le bateau s’arrête à nouveau, cette fois-ci les denrées sont plus rafraichissantes, un  bal de pastèques qui expose sa chair végétale d’un rose pur, couronnant les têtes Birmanes.

14h30, c’est  un accostage d’au moins une heure,  de nombreux passagers quittent le bateau, d’autres déchargent du matériel de chantier, des tiges de ferraille, des poteries, des vivres, qui sont chargés dans des charrettes tirées par des bœufs blancs.
D’autres forment des chaines afin de décharger un bateau transportant des briques, femmes et hommes travaillent tous ardemment sous le soleil de plomb.

Il est maintenant 18h, déjà 12h de voyage, le soleil se couche sur l’ Irrawaddy et l’embrase de tout son feu.

Vers 20h, le bateau accoste à nouveau, des vendeuses de tissus et de couvertures envahissent le bateau et les déballent longuement devant les touristes, le bateau ne semble plus repartir…d’après des bruits qui circulent, nous sommes pris dans un banc de sable, il va falloir passer la nuit à bord et attendre un remorqueur, une deuxième information divulgue que le vaisseau n’a pas de lumière frontale et ne peut pas naviguer de nuit….mystère Birman!
Il faut se faire à l’idée de rester à bord pour cette nuit et dormir à même le sol, il est maintenant 23h, il fait bien froid, et c’est recroquevillé sur une couverture que la plupart des passagers passeront la nuit, les Birmans, eux, bien préparés à cette éventualité,  utilisent leurs chaudes couvertures vivement colorées. je comprends à présent la présence des vendeuses  à cette étape!

6h30 du mat, premières lueurs du jour, le moteur du bateau tressaute, les femmes Birmanes émergent de leurs couvertures et commencent leur maquillage quotidien en frottant circulairement le Thanaka mouillé sur une pierre plate et recouvrent leurs visages de cette poudre issue d’un arbre qui porte le même nom, fait office de protection solaire, combat l’acné, éclaircit et adoucit le visage.

C’est à peine une heure plus tard, à 8h, que la première Pagode de Bagan apparait, sous les rayons dorés du soleil, nous accostons à cet endroit, à Nyaung oo, village idéal pour trouver un hôtel ou une guesthouse. Il faut s’acquitter du droit d’entrée sur le site, qui est à présent de 25$, et marcher jusqu’au village, les plus fainéants peuvent prendre des petits taxis collectifs, mais ce n’est pas nécessaire et l’arrivée est bien plus agréable à pied, surtout de bon matin. Je foule le sol en compagnie d’un très agréable groupe de Marseillais,  3 femmes et un homme, et 2 jeunes Allemands, on ne se quittera pas de tout notre séjour à Bagan. En attendant la suite, nous y sommes. OUF !

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13 commentaires

  1. Hòla Stéphane,
    Bravo, et merci, pour ce beau voyage !
    Nous aussi nous découvrons plein de nouveaux paysages et de nouveaux visages sur le « camino francès »
    Tout va bien !
    Bonne suite pour toi et Hasta Luego !
    On t’embrasse
    Martine & Louis

  2. Marguerin Maryvonn

    Superbes scènes de vie et magnifiques portraits de femmes !Merci pour ce beau voyage …j’aurais aimé le vivre!

  3. Bonjour Stéphane,
    je me disais bien que je connaissais ces visages, on était sur le même bateau (sous la couverture de survie)
    Ton site est génial, un vrai régal et je me délecte de tes photos (vive le full frame) des enregistrements sonores et de tout le reste.
    Juste un regret je n’aurai pas du commencer l’Asie par la Birmanie,y retourner encore et encore.
    Bonne route à toi Alain.
    Plus secrète que La Mecque, plus difficile d’accès que Lhassa, il existe au cœur de la jungle birmane une petite cité inconnue des hommes et qui règne pourtant sur eux par ses fabuleuses richesses depuis des siècles : c’est Mogok, citadelle du rubis, la pierre précieuse la plus rare, la plus chère, la plus ensorcelante. Mogok, perdue dans un dédale de collines sauvages par-delà Mandalay. Mogok autour de laquelle rôdent les tigres. La légende assure qu’aux temps immémoriaux un aigle géant, survolant le monde, trouva dans les environs de Mogok une pierre énorme, qu’il prit d’abord pour un quartier de chair vive tant elle avait la couleur du sang le plus généreux, le plus pur. C’était une sorte de soleil empourpré. L’aigle emporta le premier rubis de l’univers sur la cime la plus aiguë de la vallée. Ainsi naquit Mogok. Joseph Kessel

    • Oooohhhh quelle surprise !! Mais oui, on s’est même recroisés quelques jours plus tard devant une pagode à Bagan !
      Tu veux dire que la Birmanie est le pays qui t’a le plus marqué en Asie ?
      Pour Mogok, je ne savais pas, je suis sûr que cela me plairait beaucoup, je n’ai que survolé grossièrement le pays, mais ce fût une magnifique escapade.
      Ah et merci pour tes appréciations sur mon site !
      As-tu un site ou un facebook ?
      à bientôt !

  4. Superbe voyage que l’on aurait bien aimé partager ! Et que l’on va sans doute vivre lors d’un prochain voyage en janvier et février 2016 ! En essayant de trouver des infos sur le trajet en bateau Mandalay Bagan je ne trouvais que des croisières et bateaux pour touristes, et je tombe sur votre site…et ça me va tellement mieux ! C’est donc le slow boat que nous prendrons ! J’imagine qu’il y en a seulement un et qu’on ne peut le louper ? Merci pour ce bon moment partagé.
    Les photos sont superbes également.

  5. J’ai prévu de faire cette traversée question pratique y a des toilettes j’imagine au bord du bateau ? est ce qu’on peut descendre du bateau le temps des halte ?

    Merci Céline

    • Des toilettes à bord d’un Bateau ? Mais vous n’y pensez pas ? Comme je l’indique il y a même un restaurant, alors …
      Normalement on ne descend pas du bateau, mais tout est possible, il suffit de demander lors des longs arrêts.
      Bon Voyage

      • Bonjour, nous avons donc fait le trajet Mandalay Bagan avec le slow boat (en janvier de cette année) et c’était un moment superbe, une belle façon d’appréhender le pays, les birmans…Mais réserver les billets ne fut pas si simple, tout le monde nous renvoyait vers le bateau pour touristes, on a du vraiment insister…et le matin du départ, très tôt, le taxi nous a planté, et c’est un gars de l’hôtel où nous étions, qui tiré de son sommeil par l’hotellier, nous a pris en charge…, Mais il ne connaissait pas le quai de départ, et nous avons fait des allers retours, demandant à chaque personne rencontrée …Nous avons bien cru que nous allions rater le départ, et ben non, ouf !!! On a bien rigolé de tout ça et puis on a apprécié, tout le long, les lumières, le soleil levant, l’ambiance, la cuisine….l’arrivée à Bagan…
        Quant aux arrêts, souvent, tout va très vite, les uns descendent, d’autres montent, les marchandises sont déchargées, chargées…un ballet incessant… C’est l’occasion de faire de belles photos surtout !
        Et je confirme, il y a des toilettes à bord !

        Bon voyage
        Ginette Sié

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De Mandalay à Bagan en Bateau

par Stéphane Bidouze time to read: 7 min
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