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Amarapura, Mingun, Sagaing et Inwa

Amarapura, Mingun, Sagaing et Inwa

Et voici maintenant la découverte des quatres villages historiquement les plus riches à quelques kilomètres de Mandalay : Amarapura, Mingun, Sagaing et Inwa.

Amarapura, son monastère aux mille moines et le pont en teck le plus long au monde

Je commence par Amarapura, célèbre pour son monastère, le Mahagandayon, où chaque jour, vers 10h30, des centaines de moines forment une longue file pour remplir leur gamelle de l’unique repas quotidien. Je suis resté le plus discret possible, en compagnie de Fatty, il s’agit de ne pas déranger cette communauté très disciplinée, dont la plupart des membres viennent de familles défavorisées, pour faire partie de ce pensionnat, il faut obéir à ces dix commandements monastiques:
Avoir un grand cœur,  respecter le code de vie monastique,  être en bonne santé,  être propre,  savoir s’habiller,  avoir un comportement intelligent,  marcher sereinement,  dire des choses sensées,  obéir aux règles,  être assidu au travail.
Le comportement des touristes est souvent limite et je me sens soudain pris du syndrome du paparazzi, mon coup d’œil restera superficiel.

Fatty me fait entrer dans les cuisines et le réfectoire, tout est démesuré, ce n’est pas un jeu de dinette, pas étonnant, on lave les gamelles géantes en aluminium au jet d’eau, que dire de la taille des woks !!!?? Wok qu’c’est énorme!

Pas loin du monastère, il ne faut pas rater cette  grande statue de Bouddha, ainsi que le Bouddha allongé. Le style Birman est délicat, avec une grande méticulosité sur la décoration, le maquillage des statues.

Le pont d’U Bein

La construction la plus remarquable à Amarapura est le pont en Teck d’ U Bein, le plus long du monde dans ce matériau, pas moins de 1200m sur pilotis, il traverse le lac Taungthaman et permet de rejoindre la seconde partie du village. Le lieu est romantique, idéal pour des couchers de soleil mémorables, si l’on en croit les magnifiques photos sur web, on peut revenir ici des dizaines de fois que pour cela.

Au pied du pont, des Birmans jouent au foot, des barques multicolores proposent des balades sur le lac, les pêcheurs tentent leur chance et les familles aiment se réunir sur les berges.

Berges qui ne sont pas aussi idylliques que la magnifique vue d’ensemble le laisse paraître, les problèmes des déchets dans les pays en voie de développement, combinés au manque d’éducation, des habitants et des touristes, sont toujours des visions démoralisantes, actuellement on consomme des lieux qui, pendant des siècles, ont toujours été respectés.

Mais que se passe t’il de l’autre côté du pont? Rien d’extravagant , un vie paisible, une école, des pagodes, comme par exemple celle de Kyauktawgyi dont les plafonds présentent des fresques parfois partiellement en bon état, des détails sur la vie du XIXème siècle, marchands, négociants, vêtements, vie sociale au bord du fleuve, et l’énorme empreinte du pied de Bouddha !
J’ai été très surpris d’apercevoir des adolescents amoureux se bécoter dans chaque recoins du temple, incroyable la liberté du bouddhisme dans ce pays. Bien sûr, je n’ai pas voulu les déranger, et je n’ai pris aucune photo, gardant ces magnifiques images furtives, pleines de tendresse, dans ma mémoire. Un petit mot sur la morphologie Birmane, en accord avec des français rencontrés plus tard à Bagan (à venir): les Birmans ont un visage très doux, plein de grâce, les femmes sont les plus belles observées en Asie du sud-est, le mieux est de s’y rendre soi-même pour l’apprécier.

 Mingun, sa pagode géante inachevée et son énorme cloche

Mingun et situé au bord de la rivière Irrawaddy, sur l’autre rive, en face de Mandalay, dans ce village, le Roi Bodowpaya, au XVIIIème siècle,  a eu la folie des grandeurs : il ordonna la construction de ce qui devait devenir la plus grande pagode au monde, 153 m de haut, plus grande que celle de Nakhon Pathom en Thaïlande,  pour abriter la dent de Bouddha offerte par les Chinois, des milliers d’esclaves ont été utilisés pour cette œuvre pharaonique,  une usine de brique ayant été installée de l’autre côté de la rive, de de 1790 à 1819, date à laquelle le Roi mourut et la construction s’arrêta. Le bâtiment n’atteignit qu’un tiers de sa hauteur prévue, soit 50m, pour finir, un tremblement de terre en 1838 le fissura profondément et détruisit les deux grands lions gardiens des lieux.  Ce bâtiment à l’historique passionnante, est imposant à observer, seul, en prenant la peine de marcher à l’écart des touristes, il suffit de faire le tour dans la nature environnante, semi désertique.

On peut escalader des marches sur la droite de l’entrée principale, pour un panorama sur L’Irrawaddy et les temples environnants.

Juste à côté, petit touriste, c’est la plus grosse cloche au monde qui t’attend, il existe une cloche à Moscou un peu plus grande, mais pas en état de fonctionner, celle-ci est nickelle, elle fait 4 m de haut et 5m de diamètre et seulement 90 tonnes. L’intérieur est criblé d’inscriptions.

Le temple tout blanc que l’on voit sur une des photos ci-dessus, c’est la pagode Hsinbyume, du début XIXème, le roi qui l’a faite construire lui a donné le nom de sa première femme, morte prématurément,  et l’a voulu d’une beauté à la hauteur de son chagrin, en voyant l’édifice on constate que son désespoir fut terrible.

Sagaing et ses collines.

Troisième village et région: Sagaing, depuis la route principale qui traverse le fleuve Irrawaddy, on peut déjà apercevoir les collines de Sagain couvertes de pagodes et de monastères. Le mieux est d’emprunter un long escalier qui mène à la pagode Soon U Ponya Shin Paya.

Et voici des photos de la pagode et de la vie à bord.

Depuis la route, d’autres escaliers conduisent à la pagode U-Min Thonze (thirty caves), le bâtiment explose de luminance sous le soleil généreux de cette belle journée de Janvier, à l’intérieur, une longue rangée de Bouddhas reluit sur le sol en mosaïque de céramique.

Inwa, l’ancienne capitale du Royaume.

Le dernier village est un peu plus éloigné, c’est Inwa, ancienne capitale du royaume Birman  entre le XIV et XVIIIème siècle, elle est situé sur une ile. Normalement il faut payer une somme modique pour traverser la rivière en ferry, et laisser les motos. Vu qu’il est tard, Fatty me propose de longer le fleuve et de passer par un pont éloigné, pas fainéant le bougre, ça fait une sacré trotte, mais on pourra bénéficier de la moto au lieu de louer une calèche, moyen de transport touristique presque imposé à l’intérieur de ce village moyenâgeux.
Le soleil décline très vite, sur la route on s’arrête pour photographier la vie au champ.

Le soleil est déjà bien bas quand nous atteignons l’entrée de Inwa, un premier temple en ruine nous fait de l’œil sur la route, je n’ai pas trouvé son nom.

Le monastère principal de Inwa est le Maha Aungmye Bonzan, les conditions d’éclairage n’était pas bonne à cause de zones d’ombres importantes.

Le monastère de Bagaya , en bois de Teck, est sans aucun doute la plus belle construction à Inwa, nous sommes les  seuls sur place, un moment très marquant de cette journée.

Plus éloigné dans la campagne, aux abords du village, des vestiges de stupas, dont je n’ai pas retrouvé le nom, le soleil couchant dore les vielles briques, il n’y a personne.

La nuit tombe, des femmes descendent la colline et emprunte le chemin vers la ferme, bien chargées en longues graminées fraiches, le soleil se couche derrière les ruines au bord de la rizière, ça sera ma dernière image sur Mandalay et sa région.

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Amarapura, Mingun, Sagaing et Inwa

par Stéphane Bidouze time to read: 10 min
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