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Une semaine à Tokyo

Une semaine à Tokyo

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Avocado house, un nom à retenir, dans le quartier nord de Tokyo, près de la station Todaimae, 4 jeunes étudiants et 2 jeunes profs accueillent les routards en permanence, dans une maison à deux étages, étroites ruelles et maisons basses entourées de fleurs, d’agrumes en pots…

On s’y sent comme chez soi, la jeunesse Japonaise semble bien dynamique et ne manque pas d’humour et de communication.

Plus tard, il semblerait que parfois ça se gâte, dans cette immense mégapole étendue à l’infinie, les 30 millions d’habitants partagent cette culture du travail avant tout, vivre pour travailler, gagner plus, cela se révèle jusque dans la religion où la plupart on choisit d’être à la fois shintoïste et Bouddhiste, histoire d’avoir plus de chance d’accumuler « bonne fortune » et réussir à tous les niveaux. Cet appétit a longtemps fait le bonheur des sectes bouddhistes, jusqu’à ce que certaines commettent des erreurs irréversibles. Culture du matériel, des looks, consommation poussée à l’extrême, dans une ville grise, ultra propre, extrêmement calme, ma pauvre petite Bègles semble être un enfer de la circulation et du bruit à côté de la monstrueuse Tokyo.

Tokyo se révèle sombre, le matin très tôt à 5h, seuls les cols blancs prennent le métro, assis et assoupis, des chenilles noires le long des banquettes, à perte de vue, dans toutes les rames, dehors les corbeaux ramagent leurs très distinct « ah ah ah », ben oui, le seul oiseau disponible ici, ne coasse pas, mais se fout du monde! Pendant que les messieurs noirs vont travailler, leurs femmes dorment; après les études et le mariage, la plupart deviennent housewife, elles ne sortiront que quelques heures plus tard, afin de colorer le paysage urbain en compagnie des étudiants.

Du haut des tours jumelles du gouvernement, la vue à 360° confirme que Tokyo n’a rien d’impressionnant, forcément à cause des tremblements de terre, les habitations sont basses, quelques immeubles gigantesques se détachent, avec parfois une architecture vraiment originale. Ce qui est étonnant, c’est cette mer de construction, étendue jusqu’au bord de la planète (je rappelle que la terre est plate).

En bas, le quartier de Shibuya, branché, avec son passage piéton le plus important au monde, des vagues de milliers de personnes se croisent aux heures de pointes, en deux minutes; quand c’est au tour des voitures… c’est un sage défilé de véhicules, tous bien espacés des deux ou trois mètres de distance de sécurité. C’est qu’au Japon, je n’ai jamais fait attention aux voitures, pas bruyantes, pas polluantes, et peu nombreuses, le piéton est roi!

Harajuku, un peu plus au nord de Shibuya, la « cité électrique », avec les derniers jeux vidéos, des milliers de gadgets inutiles pour tenter de mieux communiquer, paradis du cosplay et des mangas, lumineux et gentiment déchaîné, folie sucrée. Son parc est plutôt passionnant: le week-end des « rebelles » en tout genre viennent s’exhiber et se défoulent, des Rock à Billy, perfectos , chaussures et cheveux brillants, coiffures Dick Rivers (en moins vilain), dansent toute le journée, d’autres pratiquent le houla-hop géant, des costardeux en file indienne font des parades et des chorégraphies bizarres, sans oublier l’éternel groupe de percus africaines…

Asakusa est un vieux quartier, le temple le plus adulé de la ville, là encore beaucoup beaucoup de monde; autour, des boutiques de souvenirs par milliers et de super restos. C’est également ici que l’on trouve les buildings et les sculptures architecturales les plus originales comme cette formes abstraite dorée inspirée de l’univers de Dali.

Shinjiku est un quartier d’affaires, gris et froid, avec de grands buildings, Roppongi est un quartier réputé branché et débauché, un peu mafieux. J’ai eu l’occasion de bosser avec un gars avant hier, « 30 à 50 vêtements à photographier », à l’arrivée c’était plus de 120 et je n’avais pas rechargé mes batteries, ce gars possédait deux bras gauches, je l’ai trainé jusqu’à la avocado house, une heure de metro, pour finir le shooting dans la nuit, sur le parking, c’est qu’il fait nuit à 16H30 ici!!! Il n’a pas bronché, puisque il est Japonais, je n’ai pas râlé, car j’étais avec un Japonais, ce gars m’a fait perdre presque deux jours, il m’a payé une moitié le jour même, m’a demandé de lui envoyer les photos par internet, a mis 10 heures pour ouvrir un fichier zip, et a changé le lieu de rv au dernier moment, pour me donner la seconde partie de mes honoraires…galère galère…Ah oui, il bossait sur Roppongi!!! Vente de vêtement made in Africa, dont une partie est versée à une aide humanitaire, en attendant il ne semble pas très bienveillant avec son entourage direct, rare chez un Japonais (mais qui sait?), et puis le social ça rapporte. Bref, les journées très courtes et cette galère n’ont pas pu me permettre de bien découvrir Tokyo, pas de musée non plus, ma priorité est la photo, le seul jour pluvieux est tombé un lundi, le jour de fermeture!!! Ah Ah Ah faisaient les corbeaux.

Le métro est toujours aussi facile à utiliser, mais si l’impression de se déplacer reste rapide, on est parfois surpris du temps passé, tous ces dédales souterrains entrecroisés comportent des correspondances qui demandent souvent de marcher un bon bout de temps. Là encore, on retrouve le côté vie parisienne, mais propre, sans les bobos, mais avec les clodos, car Tokyo révèle aussi les limites de l’idéal Japonais, on croise beaucoup de sans abris qui viennent s’amasser pour passer la nuit, dans les stations fermées.

Tout cet ensemble ne m’a pas vraiment séduit, beaucoup moins qu’Osaka et surtout Kyoto, les gens sont parfois communicatifs, curieux, ouverts, adorables, mais l’impression générale glaciale de ce mode de vie, cette indifférence, même si elle est seulement apparente, cette discipline poussée à l’extrême, ne sont que les reflets d’une culture bien différente de la notre, à comprendre et à vivre, il est nécessaire d’y passer beaucoup plus de temps. Il est déjà 20h et je dois organiser mon départ pour Bangkok, demain, le violent choc thermique et hygrométrique sera le bienvenue (sans oublier les sourires et le côté bordélique et pollué ), et mon sac va  fondre de quelques kilos.

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Une semaine à Tokyo

par Stéphane Bidouze time to read: 7 min
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