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Le lac Inle, dans les montagnes de Shan

Le lac Inle, dans les montagnes de Shan

Le lac Inle (prononcer inlé), 20km de long,  à 1000m d’altitude, est également une destination touristique classique en Birmanie, à environ 5h de bus de Bagan, c’est avant tout un haut lieu de randonnée en partant de Kalaw jusqu’à Nyaungshwe. Il ne me reste qu’à peine 3 jours avant mon retour sur Bangkok, pas le temps pour une randonnée, Mélanie et Pauline sont également avec moi, les autres ont pris l’option randonnée.
Il est bien sûr facile de trouver un hôtel ici, même si les tarifs flambent, l’option chambre triple est la meilleure. Les bords du lac sont de plus en plus déboisés pour laisser place aux hôtels, l’avenir du lieu semble compromis, le lac a perdu un tiers de sa surface à cause de l’extension de l’agriculture et de la population qui s’est fortement densifiée. BREF

Dans le village, un spectacle  très spécial égaye la rue : une femme chante dans un fourgon, relié à une sono, tandis que deux hommes sous un costume d’éléphant dansent sur la musique comportant des emphases dissonantes et psychédéliques.

Le petit port de Nyaungshwe, le long du canal qui se jette dans le lac, est coloré par les modestes embarcations des pêcheurs, un peu plus au sud,  c’est une pagode qui pointe ses multiples flèches d’or vers l’univers infini, tandis que des moines shootent dans un ballon en plein soleil.

En louant des vélos, au nord du village, nous découvrons le monastère de Shwe Yaunghwe Kyaung, où de jeunes moines étudient, apparaissant dans les fenêtres ovales du monument. On peut visiter l’intérieur et venir les déranger, en tout cas c’est bien l’impression que l’on ressent en pénétrant dans la pièce, décidément les moines (aussi) ont la vie dure avec les touristes, en Birmanie.

Avant de découvrir la vie locale sur le  lac, restons sur terre, sur la partie Ouest, une raffinerie de sucre de canne à l’ancienne est en pleine activité, l’occasion de rendre visite aux ouvriers et d’approcher le processus. Le champ est recouvert de dépouilles de tiges de cannes à sucres pressées.

Dans la raffinerie, la chaleur produite par le soleil cuisant le toit en tôle est décuplée par les chaudrons de jus de canne bouillant, les vapeurs stagnent dans cet infernal bâtiment pourtant ouvert aux vents. Les ouvriers se réjouissent de notre visite qui leur permet une petite pause dans leur ardeur quotidienne.

Quelques kilomètres plus loin, dans le petit village de Maing Thauk, un monastère dont la structure principale qui paraît désaffectée ou en réfection, renferme un superbe Bouddha aux lignes épurées.

Derrière le village, une piste en béton démarre à partir d’une vieille baraque en bois et mène au monastère de la forêt, des moines travaillent sur la structure de la voie, les plus jeunes prennent la direction du monastère, arrivés au bâtiment, nous ne les dérangeons pas et nous dirigeons vers la pagode d’or qui surplombe le lac Inle.

L’intérieur de la pagode offre encore un superbe Bouddha, la vue depuis l’esplanade n’a rien de spécial, le paysage est assez plat et terne, seuls quelques feux de cultures ajoutent une pointe de lumière qui rivalise avec les flamboiements du soleil couchant,  un douce bise fait tinter les cloches du sommet de la flèche.

Nous louons un taxi-boat pour descendre le canal, l’approche des berges du lac est l’occasion de découvrir et d’observer la pêche traditionnelle : les hommes dirigent leurs embarcation en lovant les pagaies de leurs jambes et frappent violemment la surface de l’eau avec un long bâton, pour effrayer les poissons qui vont se piéger dans la nasse-filet située dans l’autre direction.

Notre guide décide de faire une pause repas à l’entrée du village de Maing Thauk, vu précédemment plus haut par la route.

Le guide insiste pour nous laisser visiter le village pendant plus d’une heure, notre souhait est de parcourir le lac, sa vie à la surface, les jardins flottants, les temples…il faut insister lourdement avant qu’il ne se décide à se diriger , en grommelant et fonçant comme un fou vers la pagode Nga Phe Kyaung , construite tout en bois sur pilotis, elle est surnommée « pagode aux chats sauteurs », car des moines font bondir les petits félins par dessus des bouts de bois…
L’immense salle intérieure contient des anciennes statues de Bouddhas Birmans et Chinois, bien trop de monde et de marchands à mon goût.

Aux environs de la pagode, les célèbres jardins flottants sont à cette saison bien tristes, il faut venir ici à la mousson, en période de floraison, à cette époque il ne reste que quelques tomates.

Mais le spectacle le plus comique du lac Inle, ce sont ces locaux qui posent le soir au coucher de soleil, imitent les pêcheurs en prenant des poses acrobatiques, et demandent une pièce en échange, même si la scène permet des photos sympas, il est impossible d’obtenir de la part de notre guide la possibilité de photographier les vrais pêcheurs au couchant.

En conclusion, le lac Inle est une destination trop touristique pour moi, je ne veux pas dire qu’il existe des endroits authentiques, à découvrir, en bénéficiant de 5 jours, mais l’ambiance générale est moyennement sympathique, nous avons été également menacés par un loueur de vélo (bien imbibé d’alcool) car nous avions 20 minutes de retard après le coucher de soleil, il voulait appeler la police pour s’expliquer, c’est à dire ses amis mafieux… sa femme a dû le calmer.
La meilleure solution reste les randonnées dans les villages éloignés, si possible en période de mousson, car c’est sacrément cramé pendant l’hiver, mais cela, je m’y attendais.

De retour à 3h du mat à Mandalay, par le bus de nuit, je m’apprête à rejoindre Bangkok pour passer encore 20 jours en Thaïlande, avant de revenir à mon point de départ: le Vietnam. Il est maintenant 5h du mat et je jette un dernier coût d’œil à la fenêtre de cet hôtel avant de prendre le bus vers l’aéroport. La Birmanie et ses habitants sont magnifiques, et je ne manquerai pas d’y revenir.

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Le lac Inle, dans les montagnes de Shan

par Stéphane Bidouze time to read: 8 min
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