Accueil / Le parc national de Khao Sok et le lac de Chew Larn
Le parc national de Khao Sok et le lac de Chew Larn

Le parc national de Khao Sok et le lac de Chew Larn

Khao Sok est un des nombreux parc nationaux de Thaïlande, situé non loin de Surat Thani, c’est une des plus ancienne forêt primitive au monde, j’avais déjà découvert le lieu en 2006 et je désirais y retourner pour approfondir un petit peu l’exploration, observer pour de vrai la plus grande fleur au monde, la Rafflesia Kerrii et surtout et passer une nuit sur le superbe lac de Chew Larn, créé par un barrage, au milieu de collines karstiques.
La route principale qui mène à l’entrée du parc est jalonnée de guesthouses, d’hôtels et de restaurants, il est très facile de se loger pour 400 bahts (9€), mais les bungalows les plus sympas sont juste dans le parc, tout au début, près de la rivière, un vrai bonheur!
On peut également organiser son trek, entre 1 et 9 jours ou sur mesure, dans une des petites agences sur la route, souvent tenues par des adorateurs de Bob Marley et de l’herbe qui l’accompagne, bref, l’endroit est cooooooool !

La forêt de Khao Sok et sa cigale géante extra-terrestre

Le jour UN, je propose à Poom la longue promenade classique qui part du centre d’accueil du parc et qui longe la rivière sur des kilomètres, c’est toujours aussi calme et l’endroit n’a pas changé depuis 2006, les macaques à longue queue sont toujours présents en communauté plutôt dense et n’hésitent pas à venir agresser le marcheur en espérant lui dérober un objet dont il n’aura aucune utilité. Cette espèce a un air encore plus crétins que les autres macaques, prêt à faire une connerie par seconde, heureusement ils ne font pas de politique.

A mi-chemin du parcours, après environ 2 heures de marche, nous réalisons que nous sommes partis trop tard et que le crépuscule finira par nous surprendre si nous nous enfonçons plus profondément dans la jungle, un magnifique ficus marque la fin de notre marche, il est situé au sommet d’une bute qui surplombe la rivière, ses racines courent à travers la forêt, descendent le plus bas possible pour puiser le maximum d’eau et le stabiliser.

Mon retour à Khao Sok était également motivé pour ré-enregistrer la cigale qui produit le son le plus étrange et le plus puissant qu’un insecte puisse émettre, c’est la Megapomponia la plus grande cigale au monde, elle ne chante qu’au crépuscule, entre 19h et 20h, une seule heure par jour pour se reproduire, au moment ou d’autres espèces se sont tues. L’obscurité saisit  la forêt tropicale, amplifiant les formes des feuilles et des lianes sinueuses, les chauves souris prennent leur envol , le  chant extra-terrestre de la cigale géante annonce définitivement le passage dans un nouveau monde, un instant à la fois jouissif et terrifiant:

Voici une photo d’une Megapomponia photographiée en Malaisie en 2006, ainsi que d’autres insectes et petits animaux de Khao Sok (dont cette étonnante araignée se faisant passer pour une fourmi):

La rafflesia: la plus large fleur au monde

Avez-vous déjà entendu parler de La Rafflesia? Cette fleur qui pousse à même le sol , d’un diamètre considérable, parfois presque 1 mètre, et qui attire les mouches en dégageant une odeur nauséabonde pour se faire féconder?
A chaque fois que j’ai demandé où la trouver, ce n’était pas le bon moment, ici ou en Malaisie, en Indonésie: soit elles sont fanées ou il n’y en a pas, ou bien les guides ne sont pas motivés pour la chercher…
Il a fallut insister, attendre, demander à plusieurs guides, aucun ne donnant la même info, au bout de trois heures on nous a finalement proposé de nous rendre à quelques kilomètres sur la grande route, de là une échelle en bois permet d’accéder à un sentier qui ne fait que monter pendant des kilomètres, un guide est préférable, mais pas indispensable.
Dans la forêt, on peut observer des nids d’abeilles naines construits sur la partie inférieure des troncs d’arbres.  Le guide soulève un petit monticule d’argile coiffant un trou à même le sol, c’est un tunnel par lequel une larve de cigales émergera et grimpera sur le premier tronc d’arbre rencontré pour devenir adulte, la larve de la cigale vit 17 ans sous terre et l’adulte seulement quelques jours à l’air libre, pire que les Parisiens et le métro!

Et voilà! Le guide remarque des boutons de Rafflesia, parmi les feuilles mortes, petits ils ressemblent à des châtaignes; matures juste avant l’éclosion, c’est une énorme boule nervurée, on peut se faire une idée de la taille par rapport aux mains de Poom, et surtout par rapport à sa montre! 🙁  Ces boutons poussent depuis un état microscopique directement sur les racines souterraines des arbres.

Quelques centaines de mètres plus haut (hé oui ça ne fait que monter), un miracle se produit: une Rafflesia Kerrii est épanouie sur le sol, près d’un tronc d’arbre couché! Bon, c’est un peu son dernier jour de gloire, « les plis de sa robe orangée… et ses beautés laissé choir … » mais c’est une Rafflesia de la jungle, qui pue et qui attire les mouches! Pas une rose d’un jardin mortuaire gavé d’ insecticides!

Le lac de Chew Larn et la grotte de Nam Talu

Quittons cet endroit pas très sérieux où les cigales et les fleurs sont trop grosses, le lac artificiel de Chew Larn offre des paysages poétiques, il est inclus dans la réserve naturelle. La forêt est ici bien plus dense, les pointes karstiques crèvent la surface parfaitement lisse de ce miroir infini et fournissent un substrat idéal pour le développement d’une grande variété d’essences d’arbres et de lianes. Une seule heure de bus depuis Khao Sok permet d’atteindre le port d’embarcation, à bord d’un simple bateau longue queue, on traverse une partie du lac pendant plus d’une heure pour atteindre les bungalows flottants où l’on passe la nuit.

Une journée de rando est prévue le lendemain, avec traversée de la grotte de Nam Talu. Le bateau pénètre une zone plus marécageuse où des jeunes troncs d’arbres parsèment la surface du lac, un sentier commence ici.

bateau-khao-sok-chew-larn-lac

Le sentier dans la forêt est très chouette, on traverse des rivières noyées dans les lianes, des zones rocheuses, des bambouseraies géantes …

Voilà, c’est l’entrée de la grotte de Nam Talu…il va falloir la traverser en marchant dans la rivière jusqu’à l’autre bout, une heure de marche environ avec de l’eau jusqu’au cou à deux reprises, pas facile pour le matos photo, il faut porter les sacs à bout de bras bien levés, sans glisser sur la roche, il faut bien respirer…on se pèle un peu tout de même et certains passages sont très étroits.
On a pu observer des grenouilles cavernicoles, l’étrange Araignée-scorpion (pas du tout venimeuse), ainsi que des milliers de chauve souris, bien entendu!

A notre retour aux bungalow, le guide nous propose une petite excursion crépusculaire sur le lac, pour tenter d’observer des oiseaux ou des mammifères, le parc est très riche en faune, encore faut il avoir de la chance et la patience pour espérer apercevoir un spécimen.
L’instant est tout simplement magique, dans cette zone marécageuse où d’anciens troncs d’arbres émergent directement du fond de l’eau, on aperçoit au  loin des aigles, des langurs (voir cet article pour les photos de ce superbe primate), dans la forêt qui paraît lointaine,  les cigales géantes sonnent le crépuscule, la bateau flotte tout moteur coupé, si une Italienne sur le bateau ne s’était pas mise avec insistance à imiter le cri du macaque, cela aurait été un grand moment de méditation. Faut dire que notre guide a commencé à faire tourner du whisky Thaï dans la petite embarcation…

A 5h30 du mat, la nature se réveille, les Gibbons font résonner leurs cris d’amour qui se perdent en larges réverbérations dans le paysage, n’oubliez pas d’écouter ce chant incroyable sur ma page « enregistrements sonores » section mammifères. Nous avons droit à 30 minutes de navigation sur le lac, le soleil n’arrive pas encore à percer les épaisses brumes matinales, ce moment est encore magique et unique dans une vie, et donne envie de rester là une éternité.

Nous finirons par une petite randonnée de deux heures pour atteindre un point de vue avec un panorama très décevant, le lieu du déjeuner est plus sympa, avec ses bleus intenses, presque artificiels, le soleil est maintenant violent, il est temps de rentrer aux bungalows du parc de Khao Sok où nous étions deux jours avant, et de prendre l’avion pour Bangkok, depuis Surat Thani.

Khao-sok-lac-thailande
Une fièvre soudaine se déclare avant de prendre l’avion, me voilà vautré sur le ciment bouillant de l’aéroport, en plein soleil, afin de ne pas greloter, cette fièvre ne me quittera pas pendant plusieurs jours jusqu’à ce que Poom me conduise dans un hôpital de Bangkok où une Hépatite A est diagnostiquée, certainement contractée aux Philippines dans la nourriture ou boisson, vu que le temps d’incubation est de 15 à 30 jours.
Je resterai une semaine dans ce super hôpital, dans une chambre de 45m2 tout confort, avec une équipe de médecins très qualifiée et une myriades d’infirmières, mon hépatite ayant été jugée sévère.
Vous avez le choix de vous faire vacciner contre l’hépatite A avant de voyager dans des pays en voie de développement, ou bien, faire comme moi, pas de vaccination jusqu’au jour ou vous tombez malade, par la suite vous êtes vaccinés à vie, mais c’est un très mauvais moment à passer et on reste affaibli pendant plusieurs mois.
.

view (7304)

4 commentaires

  1. il reste tant de choses à découvrir en Thaïlande…

  2. Bonjour,
    Vous souvenez vous, par hasard, par quel compagnie etiez-vous passé pour vos excursions ? Ca a l’air super

  3. Merci pour ce joli parcours et ces jolies photos. J’ai pris un aller retour (Avion) sans rien réserver. Du coup, je pense que je vais essayer de me diriger vers ce joli parc de Khao Sok. Bon se sera court en 10 jours mais n’étant jamais aller ce sera une petite première. Merci.

Laisser un commentaire

Scroll To Top

Le parc national de Khao Sok et le lac de Chew Larn

par Stéphane Bidouze time to read: 12 min
4